Comme une envie de ...

... retenir mon souffle

J’ose plus bouger, plus respirer, même plus cligner des yeux.

Le calme après la tempête.

J’avais pas envie d’y être à cette soirée, pas envie de tenir des conversations sans intérêt, pas envie de rire à des blagues primaires, pas envie d’afficher de faux sourires. C’était un effort de trop. Les masques finissent toujours par m’etouffer au bout d’un moment.
Mais j’ai cédé à l’appel d’un repas qui sort du quotidien.
En gros j’y suis allé pour la bouffe.

Un verre, deux verres, "une bouteille s’il te plaît". J’avais soif, soif de cette envie d’oublier mes démons quelques instants.
La soirée pouvait pas s’arrêter là, pas juste pompette. Je ne voulais pas qu’atténuer la douleurs, je voulais la faire disparaître.

Sarah m’a proposé de continuer chez elle, comme au bon vieux temps.

J’ai essayé de résister. Je voulais pas la charger de mes tortures émotionnelles, elle en a bien assez avec les siennes. Mais chaque gorgées supplémentaires ne faisaient qu’agrandir la fissure… jusqu’à ce que la barrière se brise.

Tout ce que je voulais garder pour moi, tout ce que j’avais ravalé depuis quelques mois, toutes ces émotions refoulées, tout, j’ai tout vomi.

La lune, les étoiles, la montagne, le vent glacé ... le silence. Tout était là. Mon cocon. Elle a tout mis en place et s’est endormi.

J’ai continué en solo. Je voulais que le temps s’arrête là, à cette instant précis. Fermer les yeux impliquait le fait de les rouvrir le lendemain et retrouver pollution mentale, mon mal être constant, ME retrouver (assaisonné de relents d’alcool et de maux de tête).

Je me souviens avoir pensé à Jay. Celui qui a pris soin de moi au collège. Mon ami, mon frère. Je voulais l’appeler, je voulais le voir, j’étais nostalgique.

Une dernière gorgée.

Le soleil m’agresse, ça pique sous mes paupières. Il me réchauffe aussi, c’est agréable après une nuit dehors pétrifiée par le froid.

Un café et Sarah me dépose chez moi.

C’est bizarre. Cette sensation. Je la connais. Je préfère pas y penser.
Nourriture, paracetamol, sieste.

Après avoir passé la journée à dormir, je me réveille, encore cette sensation.
Est-ce vraiment ça ?
J’ose plus bouger, plus respirer, même plus cligner des yeux.
C’est le calme après la tempête. C’est comme sortir d’une boîte de nuit ou la musique est dégueulasse et savourer le silence.
Mon esprit c’est apaisé. Ma tête est légère.
Pour aujourd’hui je suis en paix.
Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je lâche prise ... Ptin c’est tellement bon !! !